Zambie : dans la Copperbelt, des minerais et des larmes
Episode 19 min 30s

Zambie : dans la Copperbelt, des minerais et des larmes

Frontalière de la République démocratique du Congo, la province de la Copperbelt, en Zambie, possède d’immenses réserves de cuivre et d’autres minerais essentiels pour la transition énergétique. Une région stratégique pour toutes les grandes puissances mondiales qui souhaitent accaparer ces minerais, utilisés notamment pour la construction des batteries électriques.

Dans cette course effrénée, la Chine a plusieurs longueurs d’avance sur ses concurrents et a fait main basse sur une grande partie des ressources du pays, en accord avec les différents gouvernements zambiens. Mais l’exploitation de ces mines n’est pas sans danger. Le 18 février 2025, la Zambie a été frappée par l’une des pires catastrophes écologiques de son histoire. La rupture partielle du barrage d’une mine de cuivre appartenant à l’entreprise chinoise Sino-Metals a libéré au moins 50 millions de litres de déchets toxiques dans l’environnement et provoqué de terribles dégâts pour les populations locales. Les autorités zambiennes et Sino-Metals ont tout fait pour minimiser ce drame. Un an et demi après, quelle est la situation ? Retour sur un scandale d’État.

Au départ de Kitwé, petite cité minière de la Copperbelt, il faut une grosse demi-heure pour rejoindre Chambishi, la localité touchée par la rupture du barrage de Sino-Metals, filiale de la société d’État China Nonferrous Metals Industry Group. Sur la route, les nombreux terrils qui déforment les paysages sont les vestiges d’une extraction minière qui bat son plein depuis tant d’années. Autre particularité observée de la fenêtre de notre véhicule : l’omniprésence de panneaux écrits en chinois. Dans la Copperbelt, comme dans le reste du pays, hôtels, sociétés en tout genre, zones industrielles, casinos, tout appartient aux Chinois, symbole de leur influence grandissante en Zambie. Arrivé à Chambishi, il faut emprunter un petit chemin de terre pour s’approcher de la mine.

Dans cette zone autrefois recouverte de champs de maïs, c’est un paysage de désolation. Plus de trace de végétation, la terre est morte, brûlée par les millions de litres d’acide qui s’y sont déversés à la suite de la catastrophe. Des ouvriers zambiens, employés par Sino-Metals, répandent de la chaux sur le sol pour réduire la pollution. Nous les dépassons. Nous avons rendez-vous 400 mètres plus loin, chez un agriculteur d’une soixantaine d’années, vivant au milieu de ce chaos. Il a tout perdu lors de la rupture du barrage. Mais lorsque nous arrivons enfin à destination, tout ne se passe pas comme prévu. Nous sommes quatre à sortir du véhicule. Vladimir Chilinya, directeur de l’ONG FIAN International en Zambie, qui se bat contre les pratiques injustes et oppressives qui empêchent les communautés de se nourrir ; Félix Chipoya, directeur de l’Alliance territoriale du district de Kitwe, une ONG qui

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