Tchernobyl, la hantise de l'Ukraine, sous péril russe
Episode 19 min 30s

Tchernobyl, la hantise de l'Ukraine, sous péril russe

Tchernobyl : pour tous ceux qui ont entendu ce nom, il est synonyme de la pire catastrophe nucléaire de notre histoire, celle qui a, le 26 avril 1986, suite à une erreur humaine, entraîné l’emballement, puis l’explosion du réacteur numéro 4 de cette centrale nucléaire construite en Ukraine alors sous le joug soviétique. C’était il y a quarante ans, quarante ans au cours desquels ce désastre a eu des conséquences graves, humaines d’abord, mais aussi environnementales et géopolitiques.

De notre correspondante à Kiev,

Pour beaucoup d’historiens, la catastrophe de Tchernobyl a contribué à accélérer la chute de l’URSS, révélant les défaillances d’un système centralisé, et réveillant le nationalisme ukrainien.

Aujourd’hui, alors que la centrale nucléaire n’opère plus que pour le refroidissement du combustible nucléaire et la décontamination, le site et toute la zone d’exclusion sont revenus au cœur des préoccupations des Ukrainiens : en 2022, c’est ici, dans une zone encore hautement radioactive, que l’invasion russe à grande échelle a commencé.

Dans la zone d’exclusion de Tchernobyl, Volodymyr Verbytskyi, notre guide assigné par l’Agence d’État de gestion de la zone, nous montre comment fonctionne un dosimètre : cet appareil permet de mesurer la quantité de radiation reçue par une personne ou un appareil à un endroit donné. Il sonne très souvent, rappelant ainsi le fort taux de radioactivité de la zone, même quarante ans après la catastrophe. Il explique : « il faut savoir que plus le sol est meuble, plus on va avoir des taux élevés. Là où il y a de l’asphalte, le dosimètre se calme, le taux de radiation a baissé, et de beaucoup ! ».

La ville de Chornobyl a donné son nom à la centrale

Notre première halte est un jardin d’enfants, caché derrière la végétation. Volodymyr se souvient : « Après l’accident, ce village a été oublié : le 28 avril, Pripyat avait déjà été évacué… et le 1er et 2 mai, des enfants étaient encore amenés ici, malheureusement ».

Les alertes du dosimètre s’arrêtent dès qu’on entre dans ce bâtiment délabré, et le bâtiment semble figé dans le temps. On y trouve des chaussons d’enfants en feutrine, des peluches, des livres tous recouverts de poussière sont exposés aux quatre vents… de petits lits rouillés rappellent qu’avant d’être une zone sinistrée, Tchernobyl était un lieu d’habitation.

Ce jardin d’enfants précède l’entrée dans la ville de Chornobyl, qui a donné son nom à la centrale. « Chernobyl » en est la version russe, celle qui domine encore à l’étranger, au grand dam des Ukrainiens. La ville, qui se trouve à 18 km au sud de la centrale, est coquette, et pas tout à fait déserte : certains des travailleurs de la centrale, ainsi que des personnes qui auraient dû évacuer, y habitent encore, malgré l’interdiction. Dans un jardin du souvenir, l’arti

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