Entre le Japon et la Chine, un froid durable
Episode 19 min 30s

Entre le Japon et la Chine, un froid durable

Sanction contre un proche de la Première ministre japonaise, incursion d’un militaire japonais dans l’ambassade de Chine à Tokyo, la tension est vive entre les deux plus grandes économies d’Asie. Des propos de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi évoquant une potentielle réaction de son pays en cas de blocus ou d’invasion de Taïwan ont ouvert une phase gel dans les relations sino-nippones. RFI s’est rendu au Japon à l’invitation du FPCJ (Foreign Press Center Japan), une institution en partie financée par le gouvernement japonais.

De notre envoyé spécial,

Une poignée de touristes, de scientifiques et d’amoureux de la nature, partagent la trentaine de sièges d’un Dash 8, turbopropulseur qui effectue le trajet entre Naha, la capitale de la préfecture d’Okinawa et Yonaguni. Il faut survoler durant plus d’une heure et quart des eaux limpides avant d’apercevoir les falaises encerclant l’îlot de 1 600 habitants. Au milieu de ce décor de carte postale où des chevaux sauvages gambadent dans les prairies verdoyantes, une structure s’impose dans le paysage : la base militaire, installée depuis 2016. Nous sommes à à peine plus de 100 kilomètres de Taïwan. L’île de facto indépendante que Pékin souhaite récupérer est au cœur de la brouille entre Tokyo et Pékin.

La dispute entre voisins a éclaté en novembre 2025. À la Diet, le Parlement japonais, la Première ministre a évoqué une potentielle réaction de son pays en cas de blocus ou d’invasion de Taïwan, en vertu du principe de « légitime défense collective ». Une brèche ouverte en 2015 dans la Constitution pacifiste du pays, lui autorisant une action militaire en cas de menace sur sa propre existence. En réponse, la Chine a multiplié les mesures : limitation des vols vers le Japon, boycott touristique, restrictions sur les exportations de terres rares, sanctions sur un député japonais proche de Sanae Takaichi, mais aussi manœuvres militaires. À Yonaguni, le point le plus à l’ouest de l’archipel, les soubresauts géopolitiques entraînent depuis de longues années des conséquences concrètes.

Drones, missiles sol-air

Quelques jours après les déclarations polémiques de la cheffe du gouvernement japonais et au lendemain d’une visite du ministre de la Défense sur l’île, des avions de chasse ont décollé à la hâte. Un drone soupçonné d’être chinois a été détecté entre Taïwan et le petit rocher nippon à 2.000 km de la capitale. Un accident loin d’être isolé, amené à se reproduire. Tokyo augmente le budget de sa défense à 2% du PIB et souhaite poursuivre la militarisation de Yonaguni, au grand dam de Pékin. Depuis dix ans, 230 soldats d’une garnison de surveillance côtière sont venus assister aux premières loges à l’intensification des manœuvres chinoises autour de Taïwan. Une unité de guerre électronique puis

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